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1914 - 1918    Les Petits bleus 

 

Traces de vies, de jours de guerre, à l’avant, à l’arrière, quelques lambeaux de papier, souvenirs très ordinaires, sur des lambeaux de tissu bleu horizon.

Travail de correspondances et de lecture analogique. Il s’agit de couture, de ravaudage, d’usure des tissus comme de la guerre, le mouvement du fil de la couturière est celui du soldat.  Coudre, recoudre, avancer, reculer, un trou, on répare et on y retourne… ou pas, au travail, à la guerre, à l’ouvrage. Ce n’est pas non plus sans rappeler ces ouvrages mémoriels réalisés pendant et après la guerre par les soldats au repos, par les veuves, aussi.

Les cartes sont des relevés manuscrits ou des «  canevas de tir », en bleu les tranchées allemandes, en rouge les tranchées françaises, la broderie sur le terrain, aussi l’ancrage dans le lieu. Elles sont à associer au patron de la couturière, d’ailleurs ce sont souvent les même signes sur la carte et le patron.

Fleurs séchées, l’instant, le lieu ; photos, objets souvenir. Restes en voie de disparition, collés les uns aux autres, ils font bloc et cherchent l’ultime survie, celle du fossile, celle de la relique. La peinture vient souligner cette extrême  fragilité, renforcer cette métamorphose.

Ghislaine ESCANDE Artiste peintre  plasticienne