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Portraits et papierres

Deux séries travaillées depuis les années 90, sur lesquelles je continue à revenir lorsque la matière première est au rendez-vous. 

Portraits

Quand toute une vie se résume au contenu d'un vieux tiroir.

Chaque année, quelques feuilles, sont venues s'ajouter les unes aux autres. Mélange des genres, suites de dates, traces de vies, mémoires individuelles qui sont notre mémoire partagée.

Papierres

Les PAPIERRES seraient-elles une nouvelle version des Vanités du XVIIe, une sorte de «memento mori» ?

Peut-être, mais elles offrent aussi l’image vénérable d’une monumentalité qui a su affronter bravement les outrages du temps. Impression confortée par le privilège accordée à la vision frontale, massive ou panoramique (pour les diptyques et triptyques).

Mais comment ? Par le jeu classique de l’illusion d’optique ? Non, bien au contraire : par son désamorçage. La profondeur suggérée trouve en effet son démenti dans l’assemblage de textes et de dessins imposant une lecture de surface à la fois linéaire et brisée, ponctuée de collisions saugrenues et de récurrences émouvantes.

Non, décidément, les PAPIERRES de Ghislaine Escande ne s’inquiètent pas de l’impossible pérennité des œuvres les plus grandioses, elles se tournent plutôt vers le fourmillement de vies individuelles saisies au quotidien, de destins voués à l’anonymat... à moins qu’un regard attentif (et espiègle !) ne les ranime : celui du peintre d’abord, du spectateur ensuite.

 

Eliane Prior

septembre 1992

Ghislaine ESCANDE Artiste peintre  plasticienne